ETINEHEM
ETINEHEM

A l'origine, Etinehem se dénommé "Stéphani-hamus", ce qui voulait dire la maison d'Estienne, puis successivement, Athinehem, Esthinehem et enfin Etinehem, où l'on retrouve le radical d'Etienne, le premier maître et fondateur de ce village établi sur la rive droite du canal de la Somme.Son origine pourrait dater de l'époque gauloise et il semble qu'il en soit la possession de l'abbaye de Corbie.

   Une chose moins contestable est qu'Etinehem avait beaucoup plus d'importance au moyen-âge, puisque deux hameaux du nom de "Petit Hem" et "Hébuterne" en dépendaient ( Ils sont encore cités sur la carte de Delisle et dans la coutume de Péronne). Mais le village fût dévasté en 1636 par l'armée Espagnole, lorsqu'elle s'éloigna de Bray pour aller passer la Somme à Cerisy. Ces désastres causèrent la ruine totale de Petit-Hem et d'Hébuterne et affaiblirent beaucoup Etinehem lui-même, qui d'après le P. Daire, comptait auparavant près de 1400 âmes, et fut ensuite réduit à 270 habitants.

   Au fond du cimetière d'Etinehem s'élevait une antique chapelle dont on aperçois encore les fondations, probablement un reste de l'église primitive qui aura changé de place avec le village.

   En 1864, l'église, sous le vocable de Saint Pierre, était une construction fort simple dont la nef datait de 1643, le choeur et les bas cotés de 1745. Le voeu formé alors de la voir remplacée par un des plus beaux édifices religieux de nos campagnes a été accompli, grâce aux honorables sentiments des autorités locales et au zèle religieux des habitants de cette riche commune, qui posséde à cette époque environ 25 hectares de marais, d'où l'on extrait les  meilleures tourbes de la vallée de la Somme. On y admire aujourd'hui une vaste et élégante église, dans le style du XIII éme siècle, pour laquelle on éprouve le seul regret de la voir placée dans une étroite vallée d'où ses formes gracieuses et grandioses ne sauraient se développer au lointain. Quel effet, surtout dans une position plus favorable, produirait son beau clocher que couronne une galerie en pierre avec des ajours en forme de quartefeuilles, et où s'élèvent quatre clochetons angulaires d'un travail fort distingué. En pénétrant dans l'édifice, qui occupe une superficie de 600 métres carrés environ, on découvre que les parties principales et saillantes sont en pierre, et que les voûtes de la nef et des latéraux ,en dehors des nervures, sont en briques posées de champ. Au dessus des toits des bas cotés et dans chaque travée se trouvent des rosaces à six lobes pour éclairer la partie supérieure de la nef. Les grandes fenêtres du sanctuaire sont ornées de grisailles en rapport avec le style de l'édifice; celle du milieu a été enrichie des deux personnages de Saint Pierre et de Saint Eugéne, grâce à la munificence de Mr Dufaux, Maire d'Etinehem. Au chevet des nefs latérales, qui se terminent en hémicycle, se trouvent deux chapelles remarquables, dont l'exécution a été confiée à l'habile ciseau de MM. Duthoit Frères d'Amiens. Au dessus de chacun des autels, en bois de chêne sculté, ont été aménagées deux niches, dont l'une à droite, contient une Vierge-Mère entourée de nuages, et l'autre, à gauche, représente St Roch au milieu d'arbres et de rochers parfaitement imités. Toutes deux reçoivent par le toit un jour favorable qui leur donne un aspect saisissant. On pourrait leur reprocher de ne pas être en harmonie rigoureuse avec le reste de l'édifice, mais le charme qu'on éprouve oblige de conclure qu'il n'y a pas d'époque spéciale pour ce qui est véritablement beau.

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